A Maya predictive model
A study on the use of Geographic Information Systems in a multi-scale archaeological project
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3. Analysis of possible values

Il est possible de faire varier les paramètres pour essayer de trouver un point d'équilibre permettant de nourrir la population. Les tables de scénario sont communiquées en Annexe 28 : scénarios répondant aux besoins de la population. Les paramètres pouvant être modifiés sont :

i. Modification of the length of the milpa cycle

Un premier équilibre peut être atteint en réduisant la longueur du cycle du milpa de 18 à 12 ans et correspond au scénario 2. Dans ce cas, il y a un excès de terre valant 38 km² laissé à la nature. Cependant, cela signifie également que seulement huit années sont laissées pour un retour à la forêt, seule la première phase de forêt secondaire (appelée jurupche par les lakandones) pouvant être atteinte. Le résultat peut donc être une perte de diversité, Nigh recensant 11 variétés propres à la seconde phase de forêt secondaire (Nigh 2008)⁠. Le cycle du milpa n'étant pas complètement respecté, cela pourrait également conduire à un appauvrissement progressif des sols et une difficulté croissante à nourrir la population, avec les instabilités sociales que cela implique.

ii. Modification of the number of years of use of the milpa

Ce paramètre ne peut pas être augmenté, quatre années d'utilisation du milpa étant considérées être un maximum pour conserver un sol suffisamment fertile. En revanche, il est possible d'envisager de le baisser à trois ans tout en diminuant la longueur globale du cycle. Ce n'est en fait pas satisfaisant, ramener l'utilisation du milpa à une valeur si basse impose un cycle de neuf ans au maximum pour pouvoir nourrir la population, soit six ans seulement pour la forêt (scénario 3).

iii. Modification of the productivity of corn fields

Anabel Ford avance l'idée que la productivité des champs de maïs pourrait être plus importante que la valeur utilisée ici, l'argument tenant dans la proportion importante de cendres volcaniques fertilisantes détectée pour cette époque (entretien avec Anabel Ford, 2009). Par manque d'informations plus précises de cet impact sur la productivité des champs, cela ne peut être testé ici.

En revanche, il est possible de connaître des chiffres récents de productivité au Guatemala. En 1961, ce pays avait ainsi des récoltes de maïs s'élevant à 828,56 kg/ha (FAO 2009)⁠, à comparer avec les 588 kg/ha qui sont considérés dans cette étude. Avec une telle valeur (scénario 4), le modèle est valide en considérant un cycle de 18 ans avec quatre années d'utilisation du milpa.

Cela signifie notamment qu'en utilisant le cycle du milpa, le Bélize pourrait sans doute actuellement nourrir une population plus importante tout en sauvegardant la forêt. Le nombre d'habitants de ce pays en 2005 était en effet de 277 409 habitants (SIB 2007)⁠, soit moins du double de la population de la zone étudiée pour une superficie 18 fois plus importante.

En 2007, la productivité est passée à 1 666 kg/ha (FAO 2009)⁠, ce qui permettrait théoriquement un cycle du milpa de plus de 30 ans où le verger et la forêt représentent 6,5 fois la superficie cultivée au niveau de la zone étudiée. Les techniques pour parvenir à une telle productivité(agriculture extensive mécanisée) ne semblent cependant pas compatibles avec un cycle du milpa vertueux.

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